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  • 20 novembre 2009

    Prime ZEP et carte scolaire

    Pour le Sgen-CFDT, au-delà des mesures financières pour les personnels il faut une autre politique de carte scolaire et une refondation totale de la politique d’éducation prioritaire définie en concertation avec tous les acteurs du système éducatif.

    Le ministre de l’éducation nationale vient d’annoncer le doublement de la prime ZEP mais dans le même temps, maintient l’objectif de suppression de la carte scolaire. Pour le Sgen-CFDT, au-delà des mesures financières pour les personnels il faut une autre politique de carte scolaire et une refondation totale de la politique d’éducation prioritaire définie en concertation avec tous les acteurs du système éducatif.

    Le rapport de la Cour des comptes confirme le constat dressé dès 2008 par l’observatoire de la carte scolaire du Sgen-CFDT, confirmé par le rapport Obin-Peyroux et la récente étude de la sociologue Agnès Van Zanten : le seul assouplissement de la carte scolaire conjugué aux mesures du volet éducatif du plan banlieue comme le busing pour les élèves les plus « méritants » a creusé un peu plus le fossé entre territoires et va à l’encontre de l’intention affichée de mixité sociale. Il favorise les stratégies d’évitement des familles favorisées générant ainsi l’entre-soi voire le communautarisme, il concentre l’offre de formation dans les centres-villes et dégrade la situation dans de nombreux établissements d’éducation prioritaire, transformant certains en nouveaux ghettos. Beaucoup d’établissements en RAR (réseaux ambition réussite), qui constituent pourtant la vitrine ministérielle ont perdu leurs meilleurs élèves ; quant aux RRS ( réseaux de réussite scolaire), autres établissements de l’éducation prioritaire, ils sont totalement laissés à l’abandon.

    Depuis sa création en 1981 à la demande insistante du Sgen-CFDT, la politique des Zep (zones d’éducation prioritaires) a été marquée par la discontinuité des pilotages ministériels, les derniers choix en date débouchant sur une dégradation de la situation.

    Pour le Sgen-CFDT, il faut en priorité :

    - Fonder la carte scolaire sur la notion de bassins d’éducation au sein desquels la répartition équitable des options et des élèves en fonction des divers groupes sociaux entre les différents établissements permettrait l’attractivité de chacun.
    - Cibler les territoires en déshérence qui appellent à une concentration des moyens et doivent bénéficier d’un effort considérable, en termes de moyens financiers, de locaux et d’équipements dans le cadre d’un engagement pluri-annuel de l’État et des collectivités territoriales.
    - Proposer des options attractives pour éviter les déperditions d’élèves.
    - Augmenter les taux d’encadrement en personnels enseignants et cesser d’y affecter majoritairement les néo-titulaires comme c’est le cas en région parisienne.
    - Créer des postes de personnels d’éducation formés et notamment de CPE, plutôt que des médiateurs de la réussite ou des gilets verts.
    - Enfin au-delà de l’aspect financier, accorder du temps, pour la concertation, le travail en équipes, la gestion de groupes d’élèves à effectifs réduits, la construction de projets.

    Pour le Sgen-CFDT, il est temps de passer d’une politique désordonnée de soins palliatifs et d’actions médiatiques pour les « quartiers » à une politique cohérente de mixité sociale dans les territoires, en réaffirmant que le projet politique des Zep relève d’une volonté de transformation sociale et non à une approche individualisée de la difficulté scolaire.



     

     
     
     
     
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